
Au depart de Shiraz, nous tentons de rejoindre le lac sale de Bakhtegan. Ceci est deja une aventure en soit puisque bien entendu notre carte routiere est fausse. Nous nous retrouvons ainsi perdus dans un petit village a demander notre route. Encore une fois, la gentillesse et l'hospitalite iranniennes nous rendent un grand service : ce sont deux jeunes a moto qui vont nous emmener au debut de la bonne piste, a quelques 10 km du village. En partant, ils nous donneront encore l'adresse de leur frere, chef de la police a Kerman si nous devions avoir quelque probleme que ce soit. Selon notre carte, nous devions longer le lac sale sur plusieurs dizaines de kilometres ; quelle a ete notre surprise en rejoignant la route principale sans avoir vu ni le lac sale, ni les flamants roses tant esperes ! Peu apres, un panneau nous indiquant la direction du fameux lac, nous nous retrouvons enfin a admirer les magnifiques paysages de ce lac sale. Apres une ballade sur le lac, nous voulons repartir pour Kerman avec Grenouille, mais impossible de faire bouger la bete, nous nous retrouvons ensevelis jusqu'aux differentiels ! C'est seulement avec l'aide de la population locale et d'un tracteur que nous nous sortirons de ce mauvais pas. Le bon point dans l'histoire : nous nous mefierons a l'avenir de la boue autour des lacs sales et nous passerons une nuit magique en bivouac a admirer les couleurs du couchant sur ces paysages desertiques !
Arrives a Kerman, nous profitons de nos derniers jours en Iran pour pousser un peu plus loin dans le desert de Lut. L'occasion de decouvrir les splendeurs des kaluts, fameuses formations rocheuses dues a l'errosion du vent et de l'eau. En passant de 1500 metres a plus de 2700 avant de plonger a environ 300 metres, le thermometre va aussi s'affoler en indiquant tour a tour 30, 18 puis plus de 42 degres ! ! !
De retour a l'hotel a Kerman, quel plaisir de voir une autre Land dans le parking ou nous campons. Des francais partis il y a plus de 13 mois, et quelle coincidence, ceux-la meme avec qui nous avions communique par e-mail avant notre depart lors de notre recherche d'informations ! ! ! Comme quoi le monde est bien petit...
Suite au terrible tremblement de terre du 26 decembre 2003 qui a detruit la citadelle et la ville de Bam, l'Arg E-Rayan represente un bel exemple de l'architecture d'une citadelle du desert bien que de taille plus modeste. Sur la route de Bam, nous faisons donc halte a Rayan pour admirer sa citadelle tres jolie et surtout bien restauree.
Arrives a Bam, on constate encore l'ampleur des degats pres de 3 ans apres la catastrophe. La ville est un veritable chantier, avec tres peu de maisons reconstruites, les gens vivant et faisant du commerce dans des containers. Il ne reste pas grand chose de la magnifique citadelle, bien qu'une visite vaille amplement le trajet jusque la. Ce qui reste debout donne une bonne idee de la splendeur de l'ancienne cite. Notre court sejour chez Akbar dans la seule guesthouse restee ouverte apres le seisme malgre sa destruction totale nous permettra d'apprendre pas mal de chose sur la catastrophe. Akbar est un personnage hors du commun qui vaut vraiment la peine d'etre connu. Un tel etat d'esprit et de positivisme pourrait bien donner a reflechir a nombreux d'entre nous...
Le dernier jour de notre visa, nous partons tres tot de Bam pour rejoindre la frontiere pakistanaise de Taftan, en sachant que nous devrions patienter entre chaque escorte pour les 100 derniers kilometres. En fait il n'en sera rien puisque nous arrivons vers midi et sans escorte a 5 km de la frontiere. La, on nous dit qu'il nous faut une escorte et qu'elle sera la demain matin ! La tension etant perceptible du cote des militaires (la route est toute proche de l'Afghanistan, en plein sur les itineraires de contrebande), nous ne faisons pas trop les malins. Avec un peu de patience et en discutant avec un militaire un peu plus sympathique, notre escorte arrive 15 minutes plus tard pour nous accompagner sur les 5 km restants.
La frontiere cote iranien est un peu confuse car en travaux, on peine a trouver le bon batiment pour les formalites. Mais finalement en 40 minutes tout est regle, sans fouille ni bakchich, nous nous retrouvons au Pakistan...
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