
En quittant l'Ouzbekistan, c'est aussi la fin de notre periple qui approche. En effet, depuis le Kazakhstan, nous sommes sur la route du retour, direction plein ouest ! Mais ceci ne va pas nous empecher de profiter de notre sejour pour visiter les differents sites du pays...
Nous quittons donc nos charmantes hotesses francaises a Tashkent pour nous rendre au poste frontiere a quelques kilometres de la. Une fois les formalites remplies, a nouveau sans bakchich meme si la gentille douaniere nous demande un petit " cadeau " que nous ne lui donnerons pas, nous filons vers l'ouest jusqu'a Turkestan pour visiter le splendide mausolee de Kozha Akhmed Yasani. Le site en lui-meme est imposant, mais il ne vaut pas vraiment la peine de payer le droit d'entree eleve pour en visiter l'interieur, d'autant plus que les explications ne sont qu'en russe et en kazakh. Un peu scandaleux pour un site classe par l'Unesco, d'autant plus que les etrangers paient beaucoup plus cher que les locaux !
Sur la route d'Almaty (ou Alma Ata comme ils le disent encore), nous profitons de la meteo clemente et des temperatures agreables ainsi que de l'immensite des steppes pour bivouaquer encore quelques fois.
Arrives a Almaty, nous faisons notre premiere experience d'hebergement chez l'habitant. C'est ainsi que nous faisons la connaissance de deux polonais (Janusz et Lukas) travaillant a Almaty depuis quelques annees ; ils vont nous heberger pendant 3 jours. L'arrivee dans l'ancienne capitale du pays (demenagee depuis un peu moins de 10 ans a Astana au milieu des steppes) est un choc pour nous : on retrouve pour la premiere fois depuis notre depart une ville capitaliste dans toute sa splendeur...Les gens courent dans les rues pour se rendre a leur travail ou pour faire du shopping dans une des nombreuses boutiques d'articles de luxe, les conducteurs de gros 4x4 n'hesitent pas a vous rouler dessus pour ne pas perdre leur place dans les embouteillages qui paralysent toute la ville, bref on se sentirait presque a la maison ! Durant notre sejour, on ne compte plus les Audi Q7, BMW X5 ou encore Porsche Cayenne ; Grenouille a un air de campagne au milieu de tout cela. Et que dire de Manu et Bernie dans leurs habits de backpackers ? ! A cote des filles en super minijupe sexy et decolletes a vue panoramique, perchees sur leurs bottes a talon aiguille ; a cote des messieurs en habits chics, on a vraiment l'air de clodos ! D'un seul coup, nous perdons aussi notre pouvoir d'achat puisque les prix pour les produits de base (legumes, pain, etc.) sont 10 fois plus eleves qu'en Ouzbekistan et rejoignent les prix suisses ! Almaty, dans son cadre splendide, avec en toile de fond les montagnes qui font la frontiere avec le Kirghizstan, est une ville en plein boum. En parcourant le reste du pays, on se rendra compte de l'enorme decalage entre Almaty, Astana et les autres villes et villages provinciaux.
Pour Grenouille, il est a nouveau temps d'aller au garage pour une vidange. Bernie veut aussi profiter de la grande ville pour trouver une agence officielle Land Rover pour controler differentes choses. Mais lorsque le garagiste nous dit que le prix de la vidange est de plus de 40 euros (juste la main d'oeuvre), nous decampons vite fait pour trouver un petit garage qui va nous la faire pour moins de 10 euros ! Pour profiter de l'occasion, Bernie demande au mecano de controler l'huile des differentiels ; peut-etre pas une bonne idee puisqu'en resserrant le bouchon sur le differentiel arriere, le mecano sert trop fort et le bouchon se retrouve a l'interieur du differentiel ! Au final, nous allons perdre pres de 4 heures pour qu'il demonte le differentiel et soude un nouveau filetage pour le bouchon. Avec Manu, nous avons un peu peur de la facture et avons deja prepare notre argumentation en russe ; mais il nous demandera seulement 10 euros de plus pour le controle des differentiels et la reparation. Tout est bien qui finit bien ; par contre nous avons appris que la geometrie de Grenouille n'est plus correcte (usure anormale des pneus avant) et que l'huile du differentiel avant est a nouveau en mauvais etat (signe qu'un joint est peut-etre defaillant), a controler assez rapidement...
Alors que nous sommes en train de charger la voiture pour notre depart d'Almaty, une journaliste nous aborde et nous demande si nous avons le temps pour un interview a la television (TV Astana). Un peu surpris, nous acceptons et attendons l'equipe avec le cameraman. L'interview dure environ 30 minutes, le reportage doit etre diffuse durant les informations de 20h45 le soir meme. La journaliste nous dit que meme s'il y a un nombre croissant de touristes au Kazakhstan, bien peu choisissent de voyager avec leur propre moyen de transport et cela interesse les gens. Nous ne pourrons malheureusement pas voir le reportage puisque nous partons le jour meme pour visiter la station de ski de Chimbulak et la patinoire de vitesse de Medeu a quelques kilometres de la ville, avant de poursuivre en direction du canyon de Charyn.
Nous arrivons au canyon de Charyn le 3 novembre, par une journee magnifique : soleil et plus de 20 degres. Nous decidons donc de passer toute la journee sur place, a decouvrir le beau canyon encore embellit par les couleurs automnales. Au final, un merveilleux bivouac avant d'entreprendre la longue route jusqu'a Astana.
Avec un detour par la rive sud-est du lac Balquash, il nous faudra 4 jours de route pour atteindre la nouvelle capitale. Au programme : longues journees de route souvent en mauvais etat ou de pistes tres roulantes (un vrai regal pour Bernie), petit arret pour manger a midi dans un cafe en bordure de route et bivouac sauvage au milieu des steppes. Des paysages magnifiques, vallonnes et varies, une lumiere rasante qui accentue encore cette impression d'immensite ; bref un vrai bout du monde ! C'est au cours de ces bivouacs que nous realisons que nous ne voyageons plus seuls a bord de Grenouille...A force de decouvrir une, deux, trois puis sept puis douze araignees de la taille d'une piece de 5.- CHF, de couleur beige et visiblement de la meme famille, nous devons nous rendre a l'evidence : nous avons un nid de ces charmantes bestioles avec nous, certainement embarquees dans le desert ouzbek ! Nous ne pouvons pas demonter toute la voiture pour les deloger, nous esperons donc que le froid qui tarde a venir aura raison d'elles (elles vont peut-etre hiberner et on les retrouvera au printemps prochain en Suisse ? !).
Au cours de ces journees de route, nous avons aussi l'occasion de decouvrir une autre facette du pays : apres le faste d'Almaty, il est surprenant de constater que la plupart des villages n'ont pas l'eau courante et qu'il est bien plus frequent de croiser une charrette tiree par un ane que le dernier SUV a plus de 80'000 euros ! ! ! Quand on vous parlait d'un pays a deux vitesses, comme quoi les benefices pharaoniques de la vente du petrole ne profitent pas a toute la population ! Fin de la minute ecolo-socialo-moralisatrice de Bernie, mais c'est son role...
Nous arrivons a Astana par une temperature anormalement clemente pour la saison (pres de 15 degres alors qu'il devrait plutot faire autour de -15°C) pour decouvrir une ville en plein chantier. Comment engloutir des millions de petro-dollars : simplement en construisant une toute nouvelle ville au milieu des steppes, pour transformer une petite ville provinciale en la nouvelle capitale ultra moderne du pays ! Nous restons quelques jours ici, ou nous profitons de l'hospitalite et de la gentillesse de Serguei pour nous reposer un peu des journees de route passees avant d'affronter les derniers kilometres nous separant de la Russie. C'est un vrai plaisir de parler francais avec lui et de partager un moment typiquement kazhake : soiree pelmeni / vodka avec quelques-uns de ses amis. Nous le remercions encore et lui faisons un petit coucou depuis Cracovie. Une de ses amies Assiem profite de cette occasion pour nous interviewer (eh oui, encore une fois), mais cette fois pour la radio. Nous sommes devenus de vrai star au Kazakhstan :-) ! ! !
A nouveau dans une grande ville, nous nous occupons de regler les quelques soucis constates sur Grenouille a Almaty. Nous allons donc dans un grand garage (le meilleur de la ville pour les voitures recentes) pour corriger la geometrie et vidanger le differentiel avant (a defaut de pouvoir faire une reparation plus consequente, cela devrait pouvoir attendre la Suisse...). Tres sympathique, le mecano s'occupe de nous tout de suite jusque tard dans la soiree (Grenouille se retrouve encore une fois sur le lift, aux cotes d'une Porsche Cayenne Turbo !). N'ayant plus de cash avec nous et la secretaire s'occupant des cartes de credit n'etant plus la, nous devons revenir le lendemain matin pour regler notre facture. Cette fois c'est le terminal pour les cartes qui ne fonctionne pas ; a notre grande surprise le mecano decide de nous offrir la reparation, un joli cadeau de Noel avant l'heure.
Au depart d'Astana, la temperature est bien descendue (mais les femmes se promenent toujours en minijupe et talons aiguilles sur les trottoirs verglaces !) et Grenouille nous fait ses premiers rates : avec le reservoir quasiment vide et un diesel de pietre qualite, elle demarre sur 2 cylindres (alors qu'elle en compte cinq !) car la pompe a diesel montre des signes de faiblesse...affaire a suivre.
Nous prenons la route pour rejoindre la frontiere russe a quelques 700 km d'Astana. Histoire de profiter au maximum de notre sejour au Kazakhstan, nous faisons encore un crochet par le lac Burabai. Les paysages sont splendides avec la neige fraiche, le vent qui se dechaine sur le lac et le temps qui hesite entre soleil et grisaille, donnant au tout une atmosphere d'apocalypse. Nous rejoignons notre dernier bivouac kazhake a travers des paysages grandioses, dont la beaute est encore amplifiee par le givre qui recouvre tout, ou le soleil declinant vient jouer les chefs d'orchestre. Un paysage comme seuls le froid et l'hiver peuvent vous offrir...il faut bien une compensation au fait de dormir par -3 degres a moins de 100 km de la frontiere avec la Siberie ! ! !
Le lendemain, nous rejoignons la frontiere russe de bonne heure et d'attaque pour affronter la bureaucratie locale. Alors que nous pensions avoir des difficultes pour entrer en Russie, il nous faudra deja pres de 2 heures pour sortir du Kazakhstan. Ceci en raison d'une date deja perimee inscrite sur les papiers de Grenouille a notre plus grand etonnement. Voyons le cote positif, nous sommes bien chauds pour les formalites russes...
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