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Ouzbékistan - Sur les Routes de la Soie
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de Bernie et Manu, 26-10-2006 |
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Un mois en Ouzbekistan, ou une facette de l’Asie Centrale plutot inattendue… |

En quittant les splendeurs naturelles du Kirghizstan (surtout en cette periode automnale), nous sommes plutot enthousiastes a l’idee de decouvrir les splendeurs architecturales de l’Ouzbekistan, apres plus de 3 mois passes a decouvrir de beaux paysages. Mais avant Samarcande et Boukhara, nous devons encore traverser la vallee de Fergana, avec dans un coin de notre esprit les mises en garde de notre guide de voyage quant a la securite de la zone. Que nenni, nous ne trouverons pas de region plus hospitaliere que celle-ci dans tout le pays !
En penetrant en Ouzbekistan en pleine periode de Ramadan, nous nous demandions ou nous allions pouvoir manger a midi (surtout l’estomac sur courtes pattes) et quelle sera l’ambiance en cette periode de jeune ? D’autant plus que ce pays est le plus conservateur en Asie Centrale (parmi les anciennes republiques sovietiques). Mais nos craintes vont rapidement s’envoler lorsque nous degusterons un succulent samosa en pleine vallee de Fergana sur l’heure du diner, en compagnie de nombreux ouzbeks. Tout au long de notre sejour, nous ne verrons aucune difference liee au Ramadan.
Sur la route menant d’Osh a Fegana, en passant par Andijan, nous avons deja le loisir d’apprecier l’hospitalite et la curiosite des ouzbeks. Nous sommes a peine arretes sur le bas cote pour faire le plein d’eau que 4 ou 5 personnes nous entourent pour nous proposer leur aide et savoir d’ou on vient, ce que l’on fait ici et vers quelle destination nous nous dirigeons ensuite. Quelle difference avec le Kirghizstan ou les gens etaient plutot reserves et pas curieux. En arrivant dans la ville de Fergana, nous ne savons toujours pas pourquoi cette region s’appelle la VALLEE de Fergana, tant les montagnes sont eloignees ! En fait, il s’agit plutot d’une enorme plaine recouverte de champs de coton a perte de vue. Cette periode de recolte du coton sera pour nous une belle occasion de faire de nombreuses photos des gens travaillant aux champs, ainsi que d’approfondir nos maigres connaissances sur le sujet. On a beau etre sur la route de la soie, ici ce serait plutot la route du coton ! A Fergana, la ville est en grande partie russophonne, bien differente du reste du pays ou les ouzbeks restent majoritaires (en dehors de Tashkent). On remarque aussi tout de suite une difference importante par rapport au Kirghizstan : le pays semble beaucoup plus riche avec de vastes jardins qui embellissent le centre ville, ainsi que des infrastructures (routes, batiments, etc.) en meilleur etat et plus soignees.
A part la visite d’une fabrique de soie a Margillan (interessante pour comparer les techniques traditionnelles et modernes qui cohexistent au sein de cette entreprise familiale), il y a relativement peu de choses a decouvrir dans la vallee. Nous n’y passerons donc que 2 jours, le temps d’apprecier l’hebergement chez l’habitant a Kokand et de deguster de succulents « chuchvara » faits maison (sorte de tortellini cuits dans une soupe), avant de rejoindre Samarcande.
En quittant la Suisse pour ce voyage le long de la route de la Soie, il est evident que Samarcande figurait en tres bonne place sur la liste des villes mythiques a ne rater sous aucun pretexte de notre itineraire. C’est donc avec une certaine emotion que nous entrons dans cette agglomeration ; emotion qui sera vite remplacee par de l’enervement puisque nous nous perdrons encore une fois en raison de l’absence totale de signalisation ! Heureusement que les monuments du Registan depassent tres nettement de l’horizon pour nous orienter, notre guesthouse se trouvant a quelques 200 metres de la. Nous prennons ici le temps de dehambuler dans les nombreux monuments a differents moments de la journee, pour en apprecier toute la splendeur sous divers eclairages. Encore une fois, que c’est bon de ne pas etre en voyage organise pour 2 semaines ! ! ! A notre plus grande surprise, l’Ouzbekistan est un pays beaucoup plus touristique que nous l’aurions pense. Pour nous, la ville a perdu de son charme puisque la vie locale s’est peu a peu retiree de la vielle ville pour se deplacer vers la ville moderne. Ainsi, les monuments islamiques se retrouvent un peu sans vie et comme preserves dans un musee. Heureusement que la proximite du grand bazar avec la mosquee Bibi Khanoum redonne des couleurs locales a l’ensemble. Nous faisons a Samarcande nos premieres mauvaises experiences (d’une longue serie en Ouzbekistan) quant a la malhonnetete des gens travaillant avec le tourisme de masse. La plupart des restaurateurs ne voient dans le touriste qu’une grosse liasse de billets ! C’est ainsi que l’on nous reclamera plus de 25% de service pour une malheureuse biere…Une raison de plus pour apprecier la bonne compagnie, les bons plats et les prix plus que raisonnables a notre guesthouse Bahodir pour le repas du soir. En dehors du celebre Registan et des differentes mosquees, nous avons particulierement aime la visite de Chah-I-Zinda aux lumieres du couchant a l’atmosphere si particuliere.
Comme nous n’aimons pas les choses simples, nous faisons coincider notre depart de la ville avec la visite officielle du president kirghize, alors que toutes les routes sont bouclees pour des raisons de securite ! Nous negocions donc avec la police pour avoir un droit de passage, cette derniere nous laisse passer par les ruelles de la vieille ville, ou nous allons bien entendu nous perdre. C’est avec l’aide souriante d’un ouzbek qui montera avec nous pour nous indiquer la voie que nous trouverons la route pour Chakhrisabz. Cette petite ville est celebre pour ses quelques mausolees et surtout comme etant la ville natale de Tamerlan. En definitive, une petite ballade sympa, surtout a travers de beaux paysages de montagnes.
Entre chaque ville, nous profitons de notre maison a roulette pour bivouaquer dans de magnifiques endroits desertiques, occasion pour Manu de jouer a cache cache avec ses amis les « Quouis », sorte de petite marmotte des sables.
Comme de coutume en Ouzbekistan, nous nous perdons en arrivant a Boukhara car l’entree de la ville n’est meme pas indiquee, pas plus que la direction du centre ville. Comme la ville est tres etendue, c’est a peine si l’on remarque que nous sommes dans une grande ville comme Boukhara. Nous finissons par trouver un hotel sympathique a quelques pas du Lyab-I-Haouz, la place centrale de la vielle ville. A nouveau de magnifiques monuments islamiques a decouvrir tot le matin ou au soleil couchant pour tenter d’eviter la foule de touristes venus en groupe pour profiter du lieu et des nombreuses echoppes a souvenir. Quel dommage que les anciens bazars aient ete tous remplaces par ces boutiques de souvenirs ; l’ambiance des bazars que nous avons appreciee au Moyen-Orient fait ici cruellement defaut. Le soir venu, la vielle ville est totalement deserte et il est meme difficile de trouver un restaurant en dehors de la place centrale ou manger ne serait-ce qu’un plat de laghman ou un plov.
Apres Boukhara, nous empruntons la longue route a travers le desert des Sables Rouges pour nous rendre a Khiva, derniere grande attraction touristique du pays. Contrairement aux autres villes centrasiatiques, son centre historique est conserve dans sa totalite, entourre par des fortifications. Il est tellement bien conserve que la vie en a presque disparu, donnant a la ville cette impression de se prommener dans un parc a theme. Heureusement que la vie et ses desordres restent presents dans le grand bazar anime aux portes des fortifications. Nous resterons cependant 3 jours entiers a Khiva, histoire de faire quelques cliches de la mode locale (en particulier les chaussures), d’apprecier le calme revenu au petit matin ou a la nuit tombee, ainsi que de voir de nombreux mariages. En effet, la ville est tellement belle que tous les couples de jeunes maries viennent se faire photographier ici ; malheureusement nous ne verrons que de maigres sourires, plutot etrange pour une si belle occasion ! ?
Apres Samarcande, Boukhara et Khiva, nous en avons termine avec les magnifiques villes ouzbekes. Il nous reste pas mal de temps a passer dans ce pays, alors nous profitons de la meteo clemente pour decouvrir d’autres lieux plus eloignes et surtout moins frequentes. Encore une fois, notre Grenouille va nous permettre de sortir des sentiers battus et de profiter des grands espaces desertiques pour bivouaquer. Nous fiant a notre carte routiere et voulant realiser une belle boucle jusqu'ŕ Moynaq, nous decidons de remonter la rive droite de l’Amou Daria jusqu’aux anciens rivages de la Mer d’Aral, puis de revenir par la rive gauche jusqu'ŕ Noukous. Mais bien mal nous en a pris puisque nous allons perdre une journee entiere et faire un detour de plus de 300 km sur de tres mauvaises routes/pistes a la recherche d’un pont qui n’existe vraisemblablement pas (alors qu’il est clairement indique sur nos deux cartes routieres !). En suivant la route principale depuis Noukous (rive gauche), nous parvenons enfin a Moynaq, ancien port sur les rivages de la Mer d’Aral. En moins de 40 ans, cette derniere s’est tellement assechee en raison de l’irrigation intensive pour les champs de coton que le rivage se trouve a present a plus de 150 km de l’ancien port. Malgre les efforts encore visibles de la population pour garder un acces a la mer en creusant des chenaux, le port et l’activite de la peche ont du etre abandonnes au debut des annees 80. C’est dire avec quelle rapidite ces modifications ont eu lieu, ne laissant que peu de chance aux differentes especes animales pour s’adapter a leur nouveau ecosysteme. Sur 173 especes, seules 38 ont survecu a la catastrophe de la Mer d’Aral. De nombreux habitants ont fui les lieux par manque d’activite lucrative et devant les nombreux problemes de sante (maladies respiratoires, cancer de la gorge ou de l’śsophage, nombreux cas de typhoide, d’hepatite et de dysenterie) ainsi qu’en raison du changement de climat (tempetes de sable et de poussiere anemiante, hiver plus long et plus froid, ete plus chaud). Bref, une des plus graves catastrophes ecologiques provoquees par l’homme, qui plus est de facon consciente ! ! ! Pour nous, se ballader dans ces paysages desoles ou subsistent de nombreux vestiges de la catastrophe aura ete marquant et donne a reflechir quant a l’avenir de notre planete, fin de la minute moralisatrice ecologique…
Pour rejoindre Samarcande, nous traversons le desert des Sables Rouges par la piste (route en mauvais etat) par Uchkuduk, Nurata et le lac Aydar Kol. Depuis Khiva, nous passerons au total 6 nuits de bivouac au milieu du desert pour rejoindre la mythique ville de la Route de la Soie. C’est donc avec grand plaisir que nous profiterons d’une bonne douche dans notre guesthouse favorite ainsi que de quelques jours de repos a discuter avec d’autres voyageurs. C’est ainsi que nous faisons la connaissance de Sara et d’Emmanuelle, deux expat francaises vivant a Tashkent, en week-end a Samarcande. Nous ferons ensemble le chemin jusqu'a la capitale ou nous passerons 3 jours tres agreables chez Sara. Occasion pour nous de decouvrir une autre facette de la ville, a travers une experience de vie sur place. Au programme de ces quelques journees : degustation d’un plov maison prepare par un ami ouzbeke, visite de la ville, soiree francophone a disserter sur les soucis economiques du pays et soiree a l’opera pour ecouter et voir le Barbier de Seville, en russe ! Apres ces merveilleux et trop courts moments passes en leur charmante compagnie, deja la route nous appelle car la fin de notre visa approche a grands pas ; nous rejoignons donc la frontiere kazakh pour la suite de nos aventures en Asie Centrale…
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Commentaires sur cet article
Bernard et Odette Genoud
Bonjour les jeunes,
Maintenant que nous sommes tous les deux ŕ la retraite, nous avons plus de temps pour suivre votre périple. Il y a quelques semaines je me suis rendu ŕ Québec afin de rendre visite ŕ Frédéric et Annie. Ils m'ont prié de bien vous saluer.
C'est vraiment super de pouvoir vous suivre ainsi.
A notre tour, nous vous adressons nos meilleures salutations et une bonne fin de voyage.
Bernard et Odette Genoud
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