Après Van, nous traversons de magnifiques paysages de hauts plateaux et de vallées encaissées jusqu'à Erzurum, où nous profitons d'une halte pour faire un grand service à Grenouille après déjà 20'000 km parcourus.
Pour nous rendre plus au nord en direction de la mer Noire, encore une fois des paysages beaux et variés se succèdent, dont un col à plus de 2'800 mètres d'altitude où l'ambiance est plus qu'hivernale : la route est encore bordée de murs de neige impressionnants ! Sitôt passé ce col, la végétation se fait luxuriante, quel contraste par rapport aux paysages semi-désertiques de steppes que nous venons de traverser. C'est sous le brouillard que nous découvrons les plantations de thé qui bordent les vallées descendant vers la mer Noire. On se demande bien comment les gens font pour récolter le thé dans ces pentes abruptes dont l'inclinaison peut atteindre plus de 40 degrés ? ? ? La côte le long de la mer Noire n'ayant pas grand intérêt (temps gris et constructions enlaidissant le rivage), nous ne faisons que passer pour retrouver le soleil sitôt les montagnes franchies.
La route qui serpente au fond d'un canyon au fil de la rivière Coruh est tout simplement grandiose ; d'autant plus que la rivière (l'une des plus réputées au monde pour le rafting) présente un débit en crue impressionnant. Les nombreux virages nous mènent jusqu'au paisible village de Yusufeli, puis la piste continue sur plus de 60 km jusqu'au coeur des montagnes Kaçkar et au charmant village de Barhal où nous nous reposons quelques jours.
En direction de Kars, nous quittons les vallées encaissées et les paysages de montagnes verdoyantes pour traverser de nouveaux paysages de steppes à près de 2'000 mètres. Le long de la route, de nombreux villages sommaires nous rappellent que la vie doit être bien rude dans ces contrées, surtout lorsque l'on imagine la rudesse du climat durant le long hiver. On se demande bien comment ces gens se chauffent durant cette période ; ce n'est certainement pas avec du bois car les forêts sont inexistantes ! On trouve la réponse en observant un peu partout des tas de briques en bouse séchée.
Tout proche de la frontière arménienne, le site d'Ani avec ses splendides églises nous rappellent la présence des chrétiens dans cette zone.
Notre dernière halte turque sera la petite ville de Dogubayazit au pied du fameux Mont Ararat, plus haut sommet de Turquie avec 5'137 mètres. Son cône enneigé se détache sur les étendues planes de la steppe qui s'en va vers l'Iran, notre prochaine destination. Si vous passez par là, ne manquez surtout pas le splendide palais d'Ishak Pasa qui domine la ville.